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Golden Time, ou l'art de la romance

Tiré d'une série de light novels, Golden Time est un anime de romance plutôt récent : diffusé entre octobre 2013 et mars 2014, il connaît un gros succès auprès des fans du genre, et pour cause ! Il est certain que « J.C. Staff » s'est surpassé pour cette production. Voici venu le temps des larmes avec Golden Time. Une question reste en suspends : est-ce que ces perles qui coulent sont de la joie ou de la tristesse ? Au menu : une histoire originale qui prend aux tripes. Bienvenue au Restaur'Anime !

Encore une fois, il y aura une partie avec du spoil : je vous invite donc à vous arrêter à la bannière susnommée et de passer cette section pour vous rendre directement à la fin de l'article si vous souhaitez découvrir l'anime sans vous faire gâcher la surprise. Sur ce, bonne lecture !

Dès les premières secondes, les personnages qui seront centraux dans l'histoire sont introduits de manière brusque…
Tada Banri, un campagnard venu tout droit de Shizuoka, débarque à Tokyo. Celui-ci n'a cependant pas le temps d'admirer la capitale : il est en retard pour son entrée à l'université ! Perdu, car n'ayant pas assisté à la séance d'orientation, il va rencontrer Mitsuo Yanagisawa, jeune homme également perdu avec lequel il sympathisera rapidement. Celui-ci semble fuir une certaine Koko Kaga à laquelle il serait promis. C'est alors que le « démon » en question arrive : c'est la première rencontre entre Tada et Koko… Ce qui pourrait ressembler tout d'abord à un triangle amoureux gagnera en profondeur grâce à des personnages – principaux comme secondaires – touchants ainsi qu'au mystère du protagoniste : Tada est amnésique et son passé le rattrape peu à peu…

Voilà donc le synopsis de l'anime. On peut d’ores et déjà noter son premier point fort : son dynamisme, et ce à tous les niveaux. L'animation est fluide et transcrit très bien les émotions et l'humanité des personnages, et l'intrigue s'enchaîne rapidement sans perdre non plus le spectateur, l'incitant à continuer. Mention spéciale au premier ending qui arrive toujours quand il le faut et qui à chaque fois a fait tendre mon niveau d'impatience vers l'infini !

 

Concernant les graphismes, l'anime est très beau, notamment au niveau des ambiances : je pense en particulier au concert de Nana et aux festivals. Le chara design est lui aussi très bien réussi (même si celui du light novel demeure un cran au-dessus), surtout au niveau des expressions du visage ce qui facilite l'immersion et la compréhension des personnages.

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On en arrive à mon deuxième gros coup de cœur : la situation des individus les uns par rapport aux autres. L'évolution des personnages et de leurs relations entre eux est passionnante. Entre une Nana agressive (et oui c'est la même personne que dans NANA : elle a un vrai rôle dans l'histoire), une Oka populaire, une Koko ultra-protectrice et un 2D-kun gentil par nature, la constellation des personnages est diverse et très attachante. Nous avons ici à faire à une toile tissée avec des liens complexes entre avant tout sept personnes (comme nous pouvons le constater ci-contre). Les connexions évoluent tellement entre les épisodes 4 et 14 que ces petits schémas ci-dessous ne peuvent même pas être considérés comme du spoil !…  ce constat nous amène par ailleurs directement au point suivant.

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←Relations : épisode 4

Relations : épisode 14→

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Contrairement à d'autres œuvres du genre, la relation amoureuse du protagoniste va tourner autour de la condition psychologique du héros. Comment était le Tada Banri d'avant ? Que se passerait-il s'il recouvrait la mémoire ? Est-ce que la relation qu'il entretient est-elle fragile au point de se briser avec le retour de ses souvenirs ? Que peut-il faire face à ce destin inéluctable ? Tant de questions qui agiront directement sur la manière qu'aura le personnage principal à appréhender une discussion par exemple, et qui feront de l'anime bien plus qu'une simple comédie romantique ; mais cet aspect, si intéressant soit-il, est aussi – avec la présence de surnaturel – son plus gros point noir…
Je ne pense pas être quelqu'un d'excessivement émotif (non je n'ai pas pleuré devant le Titanic !), mais je ne suis pas insensible non plus et il est vrai que plusieurs larmes ont coulé sur mes joues : est-ce un mal qu'un anime de romance nous fasse pleurer ? Aucunement. Cependant, entre les instants tendres et les éclats de colère et de désespoir, notre cœur est mis à rude épreuve ! Pour jongler de l'un à l'autre, l'anime se révèle être imbattable mais souvent, la sensation que l'on peut ressentir n'est pas très agréable : confusion et dégoût transcenderont sûrement de simples sentiments de tristesse et de joie… Bien sûr, le fait qu'elle arrive à toucher le cœur du spectateur fait parti du charme l’œuvre. Ce procédé n'aurait d'ailleurs fait qu'amplifier l'explosion de sentiments lors de la résolution finale si seulement nous n'avions pas eu cette fin… C'est selon moi le moment où il y a le plus de défauts concentrés et quel dommage de finir avec une telle note !… Mais on entre dans la partie spoil ! (rendez-vous à la deuxième bannière !)

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Voici une petite remise en situation du dernier épisode :
Tada a finalement oublié Koko après le festival de fin d'année et vit à nouveau à Shizuoka. Rinda est avec lui pendant les vacances de Noël et les deux amis d'enfance discutent paisiblement, jusqu'à ce que « l'ancienne » copine du protagoniste ne vienne de Tokyo pour lui donner le film d'Oka Chinami, une fille de son ancien cercle d'amis de l'université. Ne sachant plus qui elles sont (mis à part ce qu'il est écrit sur les notes que son autre Lui lui avait laissé), il les confond et accepte le présent. Alors que Koko est partie, sa mémoire lui revient tout à coup : il court en direction du pont où tout a commencé pour la retrouver. Une fois arrivé, une épaisse brume recouvre soudainement l'endroit et des dizaines de Tada Banri se trouvent sur la passerelle : cet événement fantastique symbolise les souvenirs du Banri d'avant comme d'après l'accident. Avec l'intervention de Rinda, le fantôme qu'est maintenant l'ancien Banri est apaisé, et Koko et Tadasont à nouveau réunis.
Un happy end ? Sûrement pas : comment se réjouir d'une telle fin, quand réalisation et intrigue sont décevants ? Je m'explique…

Le fait qu'il se souvienne de Koko tout d'un coup ne me dérange absolument pas : c'est même assez bien amené avec les miroirs et c'est un grand soulagement pour les admirateurs de l'héroïne blonde. Ce qui suit me répugne un peu plus : alors qu'il n'y avait presque pas eu de scènes clichées jusqu'alors, le héros court ici cheveux aux vents pour rattraper sa belle, avec une voix off décrivant ses pensées… Un détail me direz vous, certes, mais la suite n'est pas meilleure.
 Là où le fantastique n'intervenait que dans la représentation spectrale de l'ancien Banri et où sa « vengeance » des épisodes 13 à 16 pouvaient être considérés comme des coïncidences liées par exemple à la météo ou à la fatigue, il est ici présent et assumé : l'ancien Banri discute avec le Banri actuel, mais même plus ! Rinda saute dans ses bras, lui parle, se fait comprendre ! Ce passage se veut d'ailleurs être un moment de bonheur mais n'est en réalité rien d'autre qu'une fatalité des plus tragiques… Mais nous y reviendront juste après.
L'ultime épisode, la fin de l'anime se clôt donc sur la réunion des deux amoureux, avec encore une fois les violons et les étoiles dans les yeux. C'est un anime de romance, certes ; mais même si cela est fait pour créer l'émotion et même si le moment romantique est accentué grâce aux éléments cités, il n'empêche que cela fait tâche, pour un anime original dans l'approche de son histoire, de terminer sur une scène des plus clichées… C'est pour toutes ces raisons que je ne peux accepter un épisode 24 si inférieur au niveau de la réalisation aux 23 autres bijoux enregistrés.

J'en reviens à ce que je disais avant la partie spoil : les molécules de H₂O et de NaCl qui ont perlé de mes glandes lacrymales étaient de vrais larmes de tristesse. J'avais une boule au ventre quand je pensais au malheur des personnages comme Oka et Rinda, à l'ancien Banri auquel indéniablement on s'attache, en repensant aux moments de bonheur etde malheur pour arriver à ça. Non, ça n'est pas joyeux que Rinda doive vivre avec le fantôme de son ami d'enfance, qui même si elle s'en débarrasse la hantera toujours !

Je suis même aller jusqu'à imaginer d'autres scénarios qui auraient pu remplacer cette fin : et si Mitsuo et Okase mettaient ensemble ? Et si Banri restait avec Rindasans regagner la mémoire ? Et si Banri faisait un f*ck à tout le monde en partant avec Nana ? (nan j'avoue lui j'y ai pas pensé) – Mais tous blessaient au moins une personne. Et on arrive dans une situation qui se veut être une fin joyeuse et où toi, tout ce que tu vois, c'est de la souffrance ; où au lieu de prendre l’œuvre comme une comédie amoureuse, tu la vois comme une tragédie inévitable. Et c'est précisément en ça que je trouve l'anime à la fois génial et écœurant ; et c'est aussi pourquoi je le conseille à tous, qu'on aime le genre de la romance ou non. Je ne peux pas aimer la fin, mais je ne peux pas la détester : et je ne peux qu'adorer l'anime en général !

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En bref : un anime unique, un incontournable de la romance, Golden Time a su émerveiller les fans du genre par ses personnages et sa profondeur. Sa fin, quoique discutable, clôt l'âge d'or des rencontres amoureuses et amicales deTada Banri. On aurait pu espérer avoir quelques OAVs montrant davantage la vie des membres du cercle d'amis après la scène finale, mais aucun hors-série n'est sorti : à voir dans un futur proche…
Sur ce, j'espère que ce deuxième Restaur'Anime vous aura plu. En espérant vous avoir convaincu de la qualité deGolden Time, je vous laisse sur le premier ending de l'anime dans sa version entière et vous donne rendez-vous pour un prochain numéro ! Itadakimasu !

 
 

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